Sixto Rodriguez – Le vrai n’a pas de frontières.

Par Leslie Merle

Difficile de croire qu’il a failli tomber dans les oubliettes. Parfois, un bon documentaire à la sauce américaine et on découvre une pépite. Beaucoup le connaissaient déjà, bien loin de chez lui, il ne le savait pas.

En quelques mots, son histoire, c’est celle d’un homme de Detroit. Il écrit quelques paroles, se produit dans quelques bars, a une voix qui attire, un style qui intrigue. Des textes qui disent beaucoup. On le repère, le produit, rien ne décolle. Il fait un flop mais n’en flippe pas. Sa petite vie simple continue, on lui a fait penser à gloire, mais lui se contente de peu.

Autre continent, autre réalité: l’Afrique du Sud. En temps d’apartheid, la musique de Sixto fait son chemin jusqu’aux oreilles de nombreux révoltés. Vite, elle est beaucoup partagée. Les paroles leur parlent, elles parlent de rébellion, d’une possible liberté. Là-bas, nombreux mythes sur le chanteur invisible émergent. Deux fans, deux motivés, partent à sa recherche.

Plusieurs années plus tard, Sixto est mis au fait: à l’autre bout du monde, il est idolâtré. Searching for Sugar Man, nom du documentaire: il faut le regarder.

Mais ce qu’il faut surtout, c’est écouter cette voix.

Cette voix, c’est pour moi un voyage dans le temps à chaque fois. Ces mélodies qui donnent l’impression d’univers familiers, ce folk, cette guitare sèche, c’est chaleureux. Petit côté psychédélique aussi, juste un peu.

Elles ne sont pas si nombreuses, les chansons que l’on connaît de lui. Son histoire en a voulu ainsi. Je ne pense pas qu’il faille considérer un artiste par l’étendue de son oeuvre, il en est bien la preuve. Des fois, beaucoup, c’est loin d’être mieux.

Son histoire, elle nous raconte qu’une musique, un message, s’il est prêt à être écouté, il le sera. Croche-patte à la consommation actuelle de l’art, basée sur le vu, sur le sur-entendu, le spectaculaire. C’est tout un peuple qui s’est senti interpellé par ses paroles, uni autour de son chanté. Ces paroles, elles furent écrites à des milliers de kilomètres d’eux, dans un contexte très différent du leur, et pourtant, elle les a transpercés.

Le vrai n’a pas de frontières, lorsqu’il est chanté d’une voix juste.

Sixto, lui, il parle du vrai: c’est un délice à partager.

 

  • Artiste: Sixto Diaz Rodriguez
  • Albums: Searching for Sugar Man (2012); Live Fact (1998); The best of Rodriguez (1996); Alive (1981); At his best (1977); Coming from reality (1971); Cold fact (1970)
  • Detroit, États-Unis
  • Crédit Photo: www.cbc.ca

 

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